Atteindre une pension de 1 800 euros net par mois à la retraite suppose de réunir plusieurs conditions qui varient selon le statut professionnel, la durée de cotisation et le salaire perçu pendant la carrière. Le calcul repose sur deux étages distincts : la retraite de base versée par l’Assurance retraite et la retraite complémentaire gérée, pour le privé, par l’Agirc-Arrco. Comprendre comment ces deux composantes s’articulent permet d’évaluer l’écart entre la pension projetée et l’objectif de 1 800 euros.
Écart entre pension estimée et objectif de 1 800 euros selon le statut
Le montant de la pension dépend du régime auquel le cotisant est affilié. Les estimations ci-dessous correspondent à une carrière complète avec un salaire mensuel net de 1 800 euros, soit environ 2 340 euros brut.
| Statut | Pension totale estimée (net/mois) | Écart avec 1 800 euros |
|---|---|---|
| Salarié du privé | 1 250 à 1 350 euros | -450 à -550 euros |
| Fonctionnaire | 1 450 à 1 500 euros | -300 à -350 euros |
| Indépendant / Freelance | 1 050 à 1 150 euros | -650 à -750 euros |
Un salarié du privé ayant perçu 1 800 euros net tout au long de sa carrière toucherait donc sensiblement moins que l’objectif visé. Pour un indépendant, le déficit dépasse largement 600 euros mensuels, ce qui impose soit un salaire nettement plus élevé, soit un complément d’épargne.
Avant d’envisager des solutions complémentaires, il est utile de calculer sa retraite pour 1800 euros en tenant compte de son propre parcours professionnel et de ses droits déjà acquis.

Formule de calcul de la retraite de base pour un salarié du privé
La pension de base du régime général se calcule selon trois variables principales : le salaire annuel moyen, le taux de liquidation et la durée d’assurance.
Salaire annuel moyen
Le régime retient les 25 meilleures années de salaire brut, revalorisées par des coefficients fixés chaque année. Ce salaire annuel moyen constitue la base du calcul. Une carrière avec des années de faible rémunération (temps partiel, chômage) abaisse mécaniquement cette moyenne.
Taux de liquidation et durée d’assurance
Le taux plein est fixé à 50 % du salaire annuel moyen. Pour l’obtenir, il faut réunir le nombre de trimestres requis selon son année de naissance. Un départ avant d’avoir validé tous les trimestres entraîne une décote permanente sur la pension, tandis qu’un départ différé au-delà du nombre requis génère une surcote.
La formule complète se résume ainsi :
- Pension annuelle brute = salaire annuel moyen x taux de liquidation x (nombre de trimestres validés / nombre de trimestres requis)
- Chaque trimestre manquant réduit à la fois le taux (décote) et le coefficient de proratisation
- Chaque trimestre cotisé au-delà du taux plein ajoute une majoration de surcote par trimestre supplémentaire
Pour un salarié né en 1967, le nombre de trimestres requis pour le taux plein est de 172 trimestres, soit 43 ans de cotisation.
Retraite complémentaire Agirc-Arrco : le poids des points
La part complémentaire représente une fraction significative de la pension totale d’un salarié du privé. Son calcul repose sur un système de points accumulés tout au long de la carrière.
Chaque année, les cotisations versées sont converties en points selon un prix d’achat (appelé valeur d’achat du point). Au moment du départ, le nombre total de points est multiplié par la valeur de service du point en vigueur, fixée annuellement par les partenaires sociaux.
Le montant de la complémentaire dépend donc directement du niveau de salaire et de la régularité des cotisations. Un salarié ayant connu des périodes d’inactivité non compensées accumule moins de points, ce qui creuse l’écart avec l’objectif de 1 800 euros.
Carrières longues et suspension de la réforme : un paramètre à intégrer
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu jusqu’en 2028 le relèvement progressif de l’âge légal prévu par la réforme de 2023. Cette suspension modifie concrètement la date de départ possible pour les personnes éligibles au dispositif carrière longue.
Selon Service-Public.fr, une personne née en 1967 ayant commencé à travailler avant 20 ans peut partir à 61 ans avec 172 trimestres requis. Ce barème spécifique n’est pas toujours pris en compte dans les simulateurs généralistes, ce qui peut fausser l’estimation de la pension.
Pourquoi la date de départ change le montant final
Partir un ou deux ans plus tôt sans avoir validé la totalité des trimestres applique une double pénalité : décote sur le taux et proratisation réduite. En revanche, prolonger l’activité au-delà du taux plein active la surcote, qui augmente la pension de manière définitive.
Pour une personne visant 1 800 euros net mensuels, chaque année supplémentaire travaillée peut représenter plusieurs dizaines d’euros de pension en plus, de façon cumulative entre base et complémentaire.

Simulateur interrégimes : comparer plusieurs scénarios de départ
Les simulateurs proposés par l’Agirc-Arrco ou par le service interrégimes Info Retraite permettent d’intégrer les droits déjà acquis et de tester différents scénarios : départ à l’âge légal, départ avec décote, départ différé.
- Comparer le montant net obtenu à 62 ans, 63 ans et 64 ans pour mesurer l’impact de chaque année supplémentaire
- Vérifier si les trimestres validés incluent les périodes de chômage, maladie ou congé parental (trimestres assimilés)
- Identifier le nombre exact de trimestres manquants et le coût de leur rachat éventuel
- Intégrer une éventuelle majoration pour enfants si applicable
Cette approche par scénarios est plus fiable qu’une simple extrapolation du dernier salaire, car elle tient compte des variations de rémunération sur l’ensemble de la carrière.
L’écart entre la pension projetée et 1 800 euros constitue la donnée décisive. C’est ce déficit, une fois chiffré par le simulateur, qui détermine le montant d’épargne complémentaire à constituer ou le nombre de trimestres supplémentaires à valider. Sans cette estimation personnalisée, toute projection reste approximative.



